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La Route de L’esclave—Traces-mémoires en Guadeloupe Guadeloupe, France

<i>Monument to Abolition of Slavery</i>
Le monument à l’abolition de l’esclavage, Guadeloupe vers 1848.

Nous disposons de peu de renseignements sur l'édification de ce monument. Des témoignages tardifs et de seconde main laissent penser qu'il fut construit en 1848, année de l'abolition. Le 26 avril 1923, le Nouvelliste se félicite de sa restauration mais ne fournit aucune indication précise sur son passé.

Sous réserve de découvertes plus avancées, il serait, en Guadeloupe, le plus ancien monument commémoratif de l'abolition définitive de l'esclavage. Une telle prudence s'applique également aux marches dites " des esclaves " pour lesquelles aucune date de construction n'a pu, à ce jour, être clairement identifiée.

Originellement, ce monument était surmonté d'une croix en fer forgé. La face principale du piédestal porte une inscription simple gravée sur une plaque de marbre : "Liberté. 1848".

Les abolitions de l'esclavage en Guadeloupe

4 février 1794 : la première abolition

La France fut la première nation dans le monde à abolir l'esclavage dans ses colonies. La Convention, grâce à l'action de la Société des amis des Noirs fondée par l'abbé Grégoire et sur l'exemple de l'affranchissement décrété unilatéralement à Saint-Domingue le 29 août 1793 par le commissaire civil Léger-Félicité Sonthonax, abolit l'esclavage le 4 février 1794.

La Martinique, devenue possession anglaise, ne connaîtra pas cette première abolition. En Guadeloupe, en revanche, les Anglais, un temps maîtres de l'île, sont chassés par le commissaire de la République Victor Hugues et l'abolition est proclamée le 7 juin 1794.

1802 : le rétablissement de l'esclavage

En 1802, Napoléon Bonaparte décide d'annuler la loi du 4 février 1794 abolissant l'esclavage. L'Amiral Lacrosse reçoit l'ordre de démanteler l'armée coloniale républicaine forgée par Victor Hugues, dans laquelle de nombreux hommes libres ou d'anciens esclaves se sont enrôlés. Une force de 3 522 hommes commandée par Antoine Richepance débarque le 6 mai 1802 à Pointe-à-Pitre. La répression commence et la résistance s'organise. Joseph Ignace, officier de Pointe-à-Pitre, et ses hommes décident de rejoindre à Basse-Terre un autre insurgé, Louis Delgrès. Le 28 mai, Richepance lance l'assaut final contre Delgrès à Matouba. Assiégé et blessé, il se fait sauter avec ses 300 hommes plutôt que de se rendre.

27 avril 1848 : l'abolition définitive

Le 29 mars 1815, Napoléon 1erdécrète la suppression immédiate de la traite négrière qui va néanmoins perdurer. Il faut attendre la révolution de février 1848 pour que la décision d'abolir l'esclavage soit enfin décrétée par la seconde République. Le Gouvernement provisoire nomme Victor Schœlcher sous-secrétaire d'État chargé spécialement des colonies et des mesures relatives à l'abolition de l'esclavage. Le 5 mars, un décret institue une commission chargée, auprès de François Arago, ministre de la Marine et des Colonies, de préparer l'acte d'émancipation immédiate. Victor Schœlcher en présidera les travaux jusqu'à la signature du décret d'abolition le 27 avril.

Le décret prévoit que l'abolition entrera en vigueur dans un délai de deux mois après sa promulgation. Des insurrections d'esclaves réclamant l'application immédiate du décret éclatent en Martinique le 22 mai 1848. Afin d'éviter les débordements, l'abolition est proclamée dès le lendemain. Le 27 mai, il en est de même à la Guadeloupe.

Conformément au décret, les planteurs reçoivent une indemnité forfaitaire pour la perte de main d'œuvre engendrée par l'abolition.

Le monument à l'abolition de l'esclavage fait partie de La Route de L'esclave-Trace-mémoires en Guadeloupe, organisée par le Conseil Général de la Guadeloupe.


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